mardi 30 novembre 2010

La Chatte Blanche (9)



Et la princesse racontait :  comment elle cherchait à le rejoindre sans jamais trouver la sortie du domaine enchanté… Un jour même dans le refrain d’une chanson, elle distingua des paroles de reproche ; on la disait aussi belle qu’inconstante. Elle crut alors ne jamais retrouver celui qu’elle aimait ; elle devint pâle et triste, elle ne dormait plus, ne mangeait plus. La plus âgée des fées en qui ce chagrin remuait des souvenirs, tenta de la consoler ; elle lui dit le sort des fées qui pour obtenir et garder leur pouvoir doivent s’abstenir de tout amour humain. La pauvre enfant pleura de plus belle ; aucun pouvoir au monde ne valait de renoncer à celui qui l’aimait et qui dans la forêt chantait sa peine de se croire oublié.
Ses sanglots redoublés firent accourir toutes les fées. Elles n’étaient pas méchantes et la peine de la jeune fille les troublait… mais que faire ? son destin était de devenir fée, et nul n’y pouvait rien.
« Alors, implora-t-elle, laissez moi au moins lui faire savoir que je ne suis pas inconstante, que c’est contre ma volonté que je l’abandonne. Une fois juste une fois, laissez-moi le revoir et lui expliquer ! »
A contre-cœur, les fées consentirent, elles la laissèrent pour quelques minutes seulement, retrouver son prince.
Mais quelques minutes suffisent à un amoureux, pour soulever sa belle, la mettre en selle devant lui et partir au grand galop

lundi 29 novembre 2010

La Chatte Blanche (8)

-« Je n’avais pas la moindre idée, continuait la princesse, de ce que pouvaient être un cheval et son cavalier, car les fées qui voulaient faire de moi l’une d’entre elles, m’avaient tenu à l’écart du monde humain. Il ne fallait à aucun prix, pour acquérir les pouvoirs dont elles voulaient me doter, que je rencontre un homme et que je l’aime d’amour. Pourtant, en ouvrant les yeux sur le beau visage plein de sollicitude qui se penchait vers moi, mon cœur se mit à battre comme il n’avait jamais battu. Le mal était fait, j’avais rencontré un homme et je l’aimais et lui aussi m’aimait. Il me quitta, promettant de revenir chaque jour et me fit promettre de revenir aussi.
Folle de bonheur et pleine d’innocence, je rentrai chez les fées et leur racontai l’aventure. A leur mine grave, j’aurais pu me douter que je ne reverrais pas de sitôt mon beau cavalier.
Elles ne m’interdirent rien, mais un charme s’étendit sur le domaine de telle sorte que jamais plus je ne pus en franchir les limites. Chaque jour à l’heure dite, j’errais sur les frontières du jardin des fées, sans pouvoir approcher de mon amour…j’entendais sa voix dans le lointain, qui chantait des chansons de plus en plus tristes.

dimanche 28 novembre 2010

La Chatte Blanche (7)





Il avait oublié que les fées voient tout ! Il fut bientôt entouré de créatures étranges et menaçantes, suivies de trois fées à la mine courroucée. Le malheureux roi, espérant les adoucir leur exposa le désir de son épouse.
-« Eh bien, dit la plus grande et la plus majestueuse, emporte un panier de ces pêches , mais en échange,  dès que l’enfant sera né, tu devras nous l’apporter. !
Que faire devant la puissance des fées ? Il dut promettre et en dépit des pleurs et des supplications de la reine, la petite fille à qui elle avait donné le jour leur fut confiée.
La jeune fille grandit dans le domaine enchanté sans jamais voir d’autres créatures que ses marraines et leurs étranges serviteurs. Elle était parfaitement heureuse et n’aurait jamais cherché à connaître d’autres lieux si, alors qu’elle allait avoir quinze ans, sa jolie chatte blanche ne s’était échappée. Elle partit à sa recherche et sans s’en apercevoir, quitta le jardin des fées et se retrouva dans la forêt voisine. Jamais elle n’était allée aussi loin et de fait, elle était perdue. Tout lui semblait sauvage et hostile ; ses jupons de dentelles se déchiraient aux ronces du chemin et se jolis souliers de satin partaient en lambeaux. Elle allait se mettre à pleurer , quand elle entendit un bruit étrange. Des pas énormes foulaient les feuilles mortes du chemin, des pas rapides, précipités, cadencés ; son cœur battait de frayeur et quand elle vit une énorme animal portant sur son dos la plus étrange créature qu’il lui eut été donné de voir, elle s’évanouit de frayeur.

samedi 27 novembre 2010

La Chatte Blanche (6)



Le plus jeune prince monta dans sa calèche et sans avoir besoin ni de voix ni de guides, les douze chevaux blancs le transportèrent chez la chatte qui s’était bien ennuyée pendant son absence. Pendant un an,  ils rattrapèrent le temps perdu tant et si bien que le prince n’avait d’autre envie que de laisser son héritage à ses frères.
« Vous ne le pouvez pas dit la Chatte, ce serait faire votre malheur et le mien. Prenez cette épée. »
Elle lui tendit une lame affûtée comme un rasoir.
« Vous devez maintenant me couper la tête et la queue avant de vous en retourner. Ne tremblez pas, ajouta-t-elle en le voyant pâlir. Cette épreuve est la dernière »
Le prince pleura, argumenta, supplia ; il ne pouvait pas, ne voulait pas tuer de façon si cruelle celle qu’il aimait tant, celle avec qui il rêvait de passer le reste de sa vie.
« Il le faut, lui dit-elle. Faites-moi confiance ! Quand vous ai-je mal conseillé, quand vous ai-je trahi ? Allez, il ne vous faut qu’un peu de courage ! »
Le Prince en larmes, les mains tremblantes, de deux coups d’épée trancha la tête et la queue de son amie. De la fourrure blanche sortit la plus merveilleuse jeune fille dont un prince puisse rêver.
Le prince, bouleversé, cherchait des yeux la chatte ou du moins sa dépouille, mais la princesse- car c’en était une – lui dit doucement :
 « Vous ne me verrez plus sous cette forme. Votre courage m’a délivrée de l’enchantement qui me retenait sous cette forme ; désormais, ma vie vous appartient. »
Puis elle l’entraîna vers un sofa, le fit asseoir près d’elle et lui raconta comment sa mère enceinte d’elle s’était prise d’une envie violente de pêches qui mûrissaient dans un verger voisin du palais. Ce verger appartenait à  fées ; elles interdisaient à quiconque d’y pénétrer et d’y cueillir le moindre fruit. La reine passait ses journées à regarder le verger en pleurant ; elle refusait toute autre nourriture, devenait pâle et maigre, si bien que le roi de crainte de voir mourir son épouse et le bébé qu’elle portait, par une nuit sans lune, pénétra dans le domaine des fées, espérant ne pas être vu.

vendredi 26 novembre 2010

La Chatte Blanche (5)


Les princes partirent chacun de leur côté, mais le plus jeune alla tout droit aux écuries et enfourcha le cheval de bois qui devait le ramener chez Chatte Blanche.
La demeure aux portes d’or était triste, les mains semblaient absentes et sur son coussin, chatte blanche était lovée, le nez dans sa queue, elle ne ronronnait pas, mais tressaillait de temps à autre dans son sommeil ; son poil semblait gris et moins soyeux. Le Prince s’approcha,  la caressa. Elle remua ses pattes, leva la tête et ouvrit ses grands yeux turquoise sur son ami enfin revenu. Son nez rose, ses moustaches frémirent ; un doux feulement témoigna de sa joie.
Aussitôt de partout des mains se montrèrent ranimèrent le feu allumèrent les torchères. Le Prince fut dévêtu, baigné, massé tandis qu’on brossait Chatte Blanche. Un souper fut servi et c’est sans crainte et avec grand plaisir qu’il but la liqueur d’oubli. Il avait eu le temps de dire à la chatte l’objet de sa nouvelle quête aussi quand un an fut écoulé, comme la première fois elle lui rappela son devoir.
Il retourna chez son père, dans une calèche attelée de douze chevaux blancs. Chatte blanche lui avait confié une tabatière ornée de rubis. Son arrivée fut cette fois moins discrète et l’on admira beaucoup son équipage. A l’issue de la fête donnée pour leur retour, les trois frères, l’un après l’autre, offrirent au roi la pièce d’étoffe qu’ils avaient rapportée. Celle de l’aîné était du lin le plus fin, le second montra une soie presque impalpable. Le plus jeune enfin donna sa tabatière de rubis. Le roi l’ouvrit et découvrit  étonné, une noix. On fit casser la noix qui contenait… une noisette. Le roi, sourcil froncés, fit ouvrir la noisette, dans laquelle on vit un noyau de cerise. La cour se mit à craindre pour la vie du prince quand un grain de blé sortit du noyau.
-« Quelle plaisanterie est-ce là, mon fils, tonna le roi ?
Le prince commençait à se demander quel tour avait voulu lui jouer son amie pourtant si chère, quand un grain de millet sortit du grain de blé. Il l’écrasa entre ses doigts tremblants et se déploya alors, une étoffe d’une finesse irréelle qui passait dans le chas de l’aiguille à broder empruntée à une suivante. La cour murmura d’émotion et le nez des deux frères aînés s’allongea. Le roi en se couchant n’était toujours pas décidé à céder sa couronne.
Mes fils, annonça-t-il le lendemain, il m’est encore une fois impossible de vous départager sans faire une injustice. Comme pour régner, il vous faut une descendance, allez par le monde vous chercher une épouse. Celui qui reviendra avec la plus belle et la plus accomplie des princesses sera mon héritier.

jeudi 25 novembre 2010

La Chatte Blanche (4)


A peine eût-il enfourché le cheval de bois, le Prince se trouva transporté dans les écuries de son père où il s’empressa de le dissimuler derrière les balles de paille qui garnissaient une stalle. Un vieux chien qui dormait là lui fit la fête ; il avait été son compagnon d’enfance. Le prince par jeu, le siffla et partit à la rencontre de ses frères.
L’un était suivi d’un molosse puissant au pelage luisant, à la mâchoire redoutable et dont l’air bonasse ne trompait personne sur sa férocité contenue. L’autre frère tenait en laisse un lévrier au long poil soyeux, un animal racé, aux membres déliés et nerveux dont on devinait sans peine que lâché, il devait filer comme le vent.
Voyant leur cadet suivi d’un bâtard à demi pelé, qui s’arrêtait tous les dix pas pour gratter ses puces et ses tiques, ils eurent du mal à cacher leur satisfaction ; leur jeune frère n’était pas un concurrent redoutable.
Le roi pour le retour des ses fils donna une grande fête au cours de laquelle vint le moment pour lui de choisir le meilleur chien. Il complimenta ses deux aînés et regarda perplexe l’horrible cabot qui suivait son benjamin.
Voyant son air consterné le jeune prince dit : «  Celui-ci n’est pas pour vous mon père, c’est le chien d’écurie, mon ancien compagnon de jeu. Voici mon père celui que je vous destine. » Et il offrit le gland. Le roi et toute la cour étaient dans un état de stupeur difficile à décrire. Le prince probablement n’avait plus sa raison. Il ouvrit le gland, et l’on en vit sortir, minuscule d’abord mais grandissant à vue d’œil le plus charmant petit chien qu’on puisse imaginer : de longues oreilles soyeuses, de grands et tendres yeux noirs, la tête ronde, le nez court. Il se dressa aussitôt sur ses pattes arrière et prenant le rythme des musiciens qui accompagnaient la fête, se mit à danser. Puis il fit mille tours, sautant, cabriolant, rapportant des balles ; il se faisait caresser admirer et pour finir, grimpa sur les genoux du roi, lui passant sur le nez une langue rapide et discrète. Le roi le prit dans ses bras et le garda près de lui toute la soirée.
Les deux aînés étaient bien près d’oublier leur serment de fraternité. Quand au roi, il n’était pas plus décidé qu’un an auparavant à se choisir un successeur. Il fit donc appeler ses trois fils et leur dit :
-« Mes chers fils, vous m’avez ramené chacun un chien admirable ; je ne puis en conscience décider lequel est le meilleur. Aussi pour vous départager, je dois vous confier une nouvelle mission. Il est temps pour moi de me faire faire de nouvelles chemises. Pour cela il me faut de l’étoffe excellente. Allez mes fils, et celui de vous qui me ramènera la toile la plus fine gouvernera ce royaume.

mercredi 24 novembre 2010

La Chatte Blanche (3)

Certes le prince en quittant le domaine paternel s’était attendu à des aventures, mais ce château peuplé de mains qui semblaient les servantes d’une chatte blanche qui lui parlait à voix douce était vraiment plus étrange que tout ce qu’il avait pu imaginer.
Il salua courtoisement son hôtesse et se présenta. Deux mains pendant ce temps versaient une liqueur dans une coupe qu’on lui présenta. A peine eut-il bu les premières gorgées qu’il oublia son père, son royaume et le chien qu’il devait rapporter. Seule comptait désormais pour lui la chatte blanche et ses yeux de turquoise.
Dès cet instant ses jours furent une suite de moments enchantés. La nature avait donné au prince toutes sortes de dons. Il était beau et bien fait, il chantait admirablement, touchait de tous les  instruments de musique, peignait à ravir, savait tourner des vers et sa conversation n’ennuyait jamais. Chatte Blanche était enchantée de sa compagnie et ne savait qu’imaginer pour lui être agréable. Quand on vit ainsi, dans une demeure enchantée où vos moindres désirs sont comblés, en compagnie d’un être aimé, on ne voit pas le temps passer. C’est la Chatte qui au bout d’un an que le prince avait vu s’écouler  comme six jours, lui rappela sa mission.
« Vos frères lui dit-elle sont sur le point de rentrer.  Ils ont chacun trouvé un chien admirable. »
Il s’affola, non par crainte de perdre un royaume, dont il n’avait au fond que faire, mais surtout par celle d’avoir manqué sa mission. Comment rejoindre ses frères sans monture alors qu’il avait tant marché avant d’atteindre le palais de Chatte Blanche et comment se montrer devant son père sans le moindre chien ?
Il se trouvait si bien dans la demeure enchantée de sa jolie compagne qu’il envisagea de ne pas retourner chezlui. La Chatte l’en dissuada : « Vous avez lui dit-elle, un royaume à gagner et je peux vous aider à l’obtenir. Voici pour rentrer chez vous la monture dont vous avez besoin. » Elle lui montrait un cheval de bois, de ceux que les enfants montent pour jouer. Le Prince se voyait mal rentrer chez lui dans un équipage aussi ridicule, mais pour ne pas peiner son amie, il objecta seulement : « Cela ne me donne pas un chien ! »
-« Prenez ceci, lui dit la chatte en lui tendant un gland, il y a dedans le chien qu’aimera votre père. »
Le Prince ahuri considéra le gland, pensant que son amie avait perdu la tête. Elle lui sourit comme sourient les chats, en ronronnant et en frottant la tête contre sa main : «  Vous ne me croyez pas ? Ecoutez alors ! »
Le prince porta le gland à son oreille et entendit distinctement japper un jeune chien.
-« Faites-moi confiance, ajouta Chatte Blanche. Montez sur ce cheval, offrez le gland à votre père et quand vous serez roi, si vous ne m’avez pas oubliée, vous reviendrez me chercher. »
Le Prince en faisant ses adieux ne put s’empêcher de verser des larmes. Chatte Blanche si elle avait le cœur gros ne le montra pas.

mardi 23 novembre 2010

La Chatte Blanche (2)

Personne ne se montra, mais les deux battants de la porte s’ouvrirent lentement. Il entra dans un large couloir. De chaque côté du mur, des mains tenaient des candélabres ; le silence était profond. Il sentit deux mains se poser sur ses épaules, guidant ses pas vers une salle assez vaste au fond de laquelle un feu brûlait dans une cheminée haute assez pour faire rôtir un bœuf. Un fauteuil glissa seul devant l’âtre tandis qu’une longue tunique, d’une étoffe blanche et moelleuse venait se poser sur le dossier. C’est alors que les mains quittèrent ses épaules et habilement, lui ôtèrent ses vêtements humides et boueux. Le prince autant de froid que d’angoisse se mit à frissonner. Quand il fut nu, les mains saisirent les siennes pour le conduire derrière un paravent de laque orné d’oiseaux étranges. Dans une vasque profonde aux parois de mosaïque bleue, fumait un bain tiède. Les mains l’y guidèrent. Toujours inquiet, il se laissa faire cependant,  car la douceur avec laquelle on le traitait lui laissait présager qu’on ne lui voulait aucun mal.
Le prince oublia dans la chaleur de l’eau et la douceur des mains qui le savonnaient n’omettant aucune parcelle de son corps, le froid, l’angoisse et l’humidité. Puis l’eau s’écoula, des serviettes tièdes le séchèrent. Sous les mains de nouveau actives, il fut massé, oint d’huiles parfumées ; tout alangui il se laissait aller à une douce volupté quand deux autres  mains se posèrent sur les siennes, l’aidèrent à se relever et la robe blanche à la laine si douce l’enveloppa. Enfin il fut guidé dans une autre salle ; des sofas garnis de coussins entouraient une table basse couverte de mets odorants,  Un feu pétillait dans la cheminée, mais aucun humain ne se montrait.
Seule, une jolie chatte blanche ronronnait sur les coussins. Elle leva sur lui des yeux de turquoise et lui souhaita la bienvenue, l’invitant à prendre place à ses côtés.

lundi 22 novembre 2010

La Chatte Blanche

Un roi qui se sentait vieillir réalisa soudain que ses fils, trois jeunes gens dotés des meilleures qualités, étaient à présent mieux que lui capables de diriger ses états. Comme il n’avait nulle envie de céder ou de partager son pouvoir, il résolut de les éloigner. Il les fit venir en privé et leur dit : « Mes fils, je me fais vieux et je donnerai volontiers mon trône à celui de vous trois qui me fera le plus beau présent. Dans ma retraite future, j’aimerais avoir un chien pour compagnon ; un beau chien,  un bon chien. Allez mes fils, et régnera celui de vous  qui, dans un an, aura su trouver le chien qu’il me faut. »
Le roi donna à chacun des garçons sa bénédiction et une bourse pleine d’or et de bijoux.
Les princes se mirent en chemin,  se jurant amitié et fidélité. Au carrefour de trois routes, quand vint le moment de se séparer, ils se donnèrent rendez-vous à la fin de l’année, au pied du grand chêne qui ombrageait l’endroit.
L’aîné partit vers l’est, le second à l’ouest et le plus jeune s’en fut droit devant lui. Il marcha longtemps, s’arrêtant dans les fermes et les villages à la recherche d’un bon chien. Il en vit de toutes tailles, de toutes races, des chasseurs, des bergers, d’autres qui savaient faire des tours, d’autres encore qui guidaient les aveugles. Mais il n’arrivait à fixer son choix sur aucun. Il continuait son chemin, pensant toujours trouver mieux plus loin.
C’est ainsi que par une nuit sans lune, alors qu’il traversait une forêt profonde, le tonnerre se mit à gronder, des éclairs zébraient les troncs d’arbre, la foudre détonnait tandis qu’une pluie torrentielle transperçait ses vêtement, détrempait le chemin qui devenait un bourbier dans lequel il ne pouvait se retrouver. Grelottant, perdu, il ne savait où se diriger quand il vit au loin une faible lueur. Il se dirigea vers elle pensant arriver à la cabane d’un bûcheron ou de quelque charbonnier. Mais plus il avançait, plus la lumière s’éloignait et plus elle brillait dans la nuit. C’est tout à fait épuisé et transi qu’il se trouva enfin devant un château brillamment éclairé et dont les portes d’or scintillaient à la lueur des torches. Un marteau d’escarboucles commandait la porte ; il frappa.

dimanche 21 novembre 2010

Pour Manouche ... et les autres...




La vie n’est pas simple dans les contes ! as-tu dit.

Tout juste, Manouche!  Comme dans la nôtre et les contes sont faits pour ça: guider et réconforter
Il y a un conte pour chaque étape de ta vie, pour chaque problème rencontré.
Dans les contes, le prince, la princesse, c'est toi, c'est moi.
Ils te montreront les "auxiliaires" qui sont là pour t'aider, les "donateurs" , fées et magiciens prêts à t'offrir l'objet ou la parole magique à la condition que tu sois digne de la recevoir et capable de bien l’utiliser , sinon, il se peut que le talisman se retourne contre toi.
Ils t’apprendront à reconnaître les « ennemis »,  les sorcières,  les ogres et à déjouer leurs mauvais plans ; à vaincre les dragons de tes peurs, à terrasser la part négative de toi-même, celle qui t’empêche d’avancer. Car la princesse endormie, c’est toi bien souvent.
Le conte est ton ami, il est là, il vole autour de toi, il attend que tu l’appelles. Il lui arrive aussi de se poser sur ton épaule ; sois attentive, le conte est fragile, si tu ne le vois pas, il s’envole et dieu sait quand il reviendra. Mais les contes sont innombrables et celui que tu as laissé partir sera remplacé par un autre. Seulement prend garde ! les  contes seront toujours près de toi, mais si tu ne songes jamais à eux, un jour les yeux de ton âme seront fermés et c’est toi qui seras incapable de les voir et de les comprendre.
Ne laisse pas les contes aux enfants, Manouche, ils sont aussi pour toi.
 P.

samedi 20 novembre 2010

Les trois plumes (traditionnel) fin




Soudain la pluie se mit à tomber,des éclairs illuminaient le palais et au milieu des roulements du tonnerre, on entendit sur les pavés résonner les roues d’un carrosse et marteler les sabots de six chevaux. La pluie cessa pour laisser descendre la plus belle princesse du monde qui vint mettre sa main dans celle du poète.
Les trois fiancées se tenaient proches les unes des autres ; la servante et la fille de ferme, ignorantes des usages de la cour observaient la nouvelle arrivée, aux manières si distinguées, bien décidées à l’imiter en tout. Aussi quand elles la virent mettre discrètement de la nourriture dans ses manches, elles ne manquèrent pas d’en faire autant.
Quand vint l’heure du bal chaque fiancée dansa dans les bras de son futur époux ; la princesse-grenouille, gracieuse, légère touchait à peine le sol. Elle secoua joliment son bras droit et de sa manche sortirent des fleurs qui formèrent un jardin. Un chat se mit à tourner autour d’une colonne qui s’élevait au centre du parterre, puis il y grimpa et se mit à chanter des chansons populaires. On fit cercle autour de lui et quand il cessa de chanter, il se mit à raconter des contes de fées.
Pendant ce temps, la princesse dansait toujours ; elle secoua son bras gauche et fit apparaître un parc traversé d’une rivière sur laquelle voguaient des cygnes.
Voyant la cour émerveillée, les deux autres fiancées secouèrent énergiquement leurs bras droits. Il sortit de leurs manches des os et des cailloux si violemment projetés qu’ils allèrent frapper le roi et plusieurs ministres. Pour leur manche gauche, l’eau qui en sortit arrosa et gâcha nombre de belles toilettes.
Le jeune prince émerveillé des dons extraordinaires de sa jolie fiancée, la laissa danser et monta dans la chambre afin de s’assurer que rien n’y manquait  pour leurs noces. Sur un fauteuil, la peau de grenouille était abandonnée ; pour être certain que plus jamais elle ne recouvrirait sa bien-aimée, il la jeta dans le feu, puis retourna danser.
Au petit matin, quand les amoureux regagnèrent leur chambre, la princesse grenouille chercha sa peau
Quand elle apprit que son époux l’avait brûlée, elle se mit à pleurer. Il lui fallaitt maintenant aller en chercher une autre , loin, dans la 13° royaume, là où vivent les sorcières ; elle ne reverrait  jamais celui qu’elle aime. Toute en larmes, elle frappa dans ses mains, se changea en coucou et s’envola par la fenêtre. Désespéré, le prince prit son arc d’argent et ses flèches, un sac de pain, une gourde d’eau et se mit en route. Il marcha ainsi pendant plusieurs années sans retrouver la trace de sa fiancée.
Enfin il rencontra une vieille femme qui, pour un service rendu lui donna une bobine de fil. Qu’il la lance devant lui et qu’il suive le fil, il ira toujours vers le pays des sorcières.
Il épargnera ainsi la vie d’un ours, d’un poisson, d’un faucon qui plus tard l’aideront chacun dans son élément.
Il arriva ainsi au bout du monde et pénètra enfin dans le 13° royaume. C’était un île ; il lui fallu franchir une rivière, puis traverser une forêt au cœur de laquelle se trouvait un palais de cristal aux portes de fer. Personne ne se trouvait  derrière ; puis une porte d’argent ; toujours personne. Enfin une porte d’or ouvre sur une pièce où sa fiancée est assise. Fatiguée, vieillie par le travail et le chagrin, elle file du lin. Elle tombe dans les bras d’Ivan (tiens, il s’appelle Ivan ?? ce conte doit venir d’Afanassiev…) Il était temps, le moment était venu où elle allait disparaître à jamais. Ils s’embrassent. Ivan ne sait plus dans quel monde il se trouve. Alors encore une fois, la fiancée se transforme en coucou, prend Ivan sous son aile et s’envole.
Arrivés dans leur chambre elle redevient femme et raconte son histoire. Son père l’avait vendue à un dragon, qu’elle devait servir pendant trois ans. Elle s’était sauvée et cachée chez la reine des grenouilles. Quand Ivan eut brûlé sa peau de grenouille, le dragon a retrouvé sa trace. Elle a filé pour lui tout le temps qu’Ivan la cherchait.
Maintenant sa dette est payée et ils vont pouvoir vivre heureux.


vendredi 19 novembre 2010

Les trois plumes (traditionnel) 3





Les deux aînés n’étaient évidemment pas d’accord. Qui défendrait le royaume en cas d’attaque ? Pas ce poète, plus habile à manier la plume que l’épée. Qui saurait gérer le trésor, faire rentrer les impôts ? Pas ce rêveur, cet étourneau !
Le roi dut convenir que les garçons n’avaient pas tort ; aussi  donna-t-il à chacun des trois une nouvelle mission. Il s’agissait cette fois de lui rapporter le plus bel anneau qui fut au monde.
De nouveau le roi lança les plumes que suivirent les trois garçons .
L’aîné, le costaud revint avec un cercle à tonneau, le second avait un anneau de rideau, tandis que son amie la grenouille avait donné au troisième, une bague ornée de diamants que n’aurait pu exécuter aucun orfèvre humain.
Le roi s’apprêtait à couronner son plus jeune fils quand les deux aînés de nouveau protestèrent.
Le roi alors, ordonna une troisième épreuve. Puisqu’aussi bien il fallait une reine à ce royaume, il irait donc à celui qui ramènerait la plus jolie épouse.
Le premier n’alla pas bien loin chercher la femme qu’il lui fallait ; il la ramena de la ferme d’à côté ; le second prit dans les communs une servante. Le troisième retourna demander conseil à la grenouille.
Elle ordonna qu’on lui rapporte une grosse carotte et six souris. Elle creusa la carotte, y attela les souris et fit monter dedans une des jeunes grenouilles. Puis elle dit au prince de rentrer chez lui ;
-« Mais je n’ai pas de fiancée, dit-il tristement…
-« Fais-moi confiance ; va ! Quand tu verras la pluie, ta fiancée fera sa toilette ; quand tu verras les éclairs, elle mettra sa robe et ses bijoux et quand tu entendras le tonnerre, son carrosse entrera dans la cour du palais.
Le roi, pour le retour de ses fils ordonna une grande fête. Le fils aîné donnait le bras à une robuste vachère ;  la fiancée du second, si elle n’était pas belle, était dure à la peine. Quand on vit le jeune prince naïf rentrer sans tenir une jeune fille par la main,  on se moqua de lui. La fête battait son plein, le banquet était servi et le jeune prince n’avait toujours pas de cavalière.

jeudi 18 novembre 2010

Les trois plumes (traditionnel) 2


- « Si la plume, pensa-t-il , indiquait à mes frères la route à suivre, sans doute il me faut descendre cet escalier.
Il s’engagea sur les marches. Il faisait sombre, mais il y voyait suffisamment ; l’escalier semblait interminable. Enfin il se trouva devant une porte ; une lourde porte bardée de ferrures.  Il la poussa.
Dans une salle brillamment éclairée, autour d’une table de pierre ronde, se tenait une énorme grenouille qui semblait la mère des jeunes grenouillettes qui l’entouraient.
Elle tourna vers lui ses gros yeux :
- « Que viens-tu faire ici, jeune homme ?
-« Je viens chercher pour le roi mon père, le plus beau tapis du monde.
-« Le plus beau tapis du monde ! Vraiment ? C’est ton jour de chance mon garçon ! Va chercher mon coffret, dit-elle à une de ses filles
En quelques bonds, la jeune grenouille sauta dans une pièce voisine et revint portant le coffret.
La mère grenouille, après l’avoir ouvert, en sortit un tapis. Un tapis magnifique, au poil soyeux, orné de fleurs délicates et de couleurs comme seule la nature sait en produire.
Le jeune prince prit le tapis, très poliment remercia son hôtesse et remonta l’escalier qui le ramenait chez son père.
Les deux frères, chacun persuadé qu’il était le seul héritier valable,  ne s’étaient pas foulés. L’un avait acheté à un berger une peau de chèvre et l’autre chez un tisserand, une pièce de toile à sac.
Quand le moment fut venu de comparer les cadeaux, le roi ne put que désigner pour héritier son plus jeune fils.

Le Dernier Empire

mardi 16 novembre 2010

Les trois plumes (traditionnel) 1

 


Un roi avait trois fils. Voyant approcher la fin de sa vie, il voulut savoir lequel des trois était digne de gouverner son royaume. L’aîné était grand et fort ; c’était un guerrier capable de défendre son territoire. Il était fort, mais il était brutal.
Le second était  intelligent et habile ;  il saurait conduire les affaires du royaume. Habile, intelligent, mais fourbe aussi
Quand au troisième… ah, le troisième ! C’était un rêveur, un poète qui à dire vrai n’était pas bon à grand-chose.
Auquel des trois confier la couronne?
Le roi les fit venir devant la porte du palais et leur dit : « Mes fils, allez courir le monde ; celui qui me rapportera le plus beau tapis du monde sera mon héritier. »
Un serviteur s’approcha portant trois plumes posées sur un coussin qu’il présenta au roi. Le roi soufflasur les plumes. L’une s’envola vers l’est.
-« Mon fils, dit le roi au costaud, ton destin est de suivre cette plume. Va et gouverne- toi dignement.
La seconde plume s’envola vers l’ouest et le roi dit au second fils de la suivre.
Restait pour le dernier, la troisième plume qui tournoya sur place et vint se poser au pied du trône .
-« Mon fils, dit le roi, pas d’aventure pour toi. Reste avec nous c’est aussi bien comme ça.
Le roi rentra dans son palais, suivi de toute la cour. Le jeune poète, décontenancé, resta seul ; en se baissant pour ramasser la plume, il vit sur le sol un anneau. Et cet anneau commandait l’ouverture d’une trappe qu’il souleva. Un escalier descendait vers les profondeurs de la terre.

lundi 15 novembre 2010

Théodore STRAPONTIN

Théodore Strapontin avait une spécialité ; il était pinceur de fesses. Le plus connu de son village ! Ce n’était pas sa profession ; il était agriculteur. Mais il pinçait des fesses aussi souvent qu’il le pouvait et avec beaucoup d’adresse ; peu de postérieurs arrivaient à se soustraire à sa dextre malicieuse ; ni à sa gauche d’ailleurs quand la croupe convoitée était plus accessible de ce côté là. Il opérait avec tant de bonhomie et d’innocence que de la fillette à la vénérable aïeule, nulle fessue ne songeait à s’en indigner sérieusement. Bien entendu Théodore préférait les fermes rondeurs des jouvencelles : malheureusement pour lui ces dernières plus convoitées sont aussi les plus méfiantes, plus lestes et partant, plus difficiles à attraper ; les femmes jeunes ou moins jeunes savent aussi éviter les doigts agiles. En revanche, les fillettes peu accoutumées et les rombières, trop heureuse qu’on leur prête encore quelque attention, sont des objectifs plus faciles à atteindre. Alors, Théodore faisait feu de tout bois.

Devait-il cette manie à son patronyme ? Peut-être mais dans ce cas, son père et son grand-père auraient du être atteints du même mal ; or, ni l’un ni l’autre n’avaient jamais prêté le flanc à aucune rumeur de cette sorte ; ses fils non plus du reste. Où alors c’est qu’ils cachaient mieux leur jeu. Quoi qu’il en soit, tout pinceur de fesse qu’il était Théodore n’en était pas moins bon père et bon époux, habile cultivateur et éleveur prospère. Il eut été un paroissien modèle sans cette détestable manie. Détestable ? Allons donc !… pas pour tout le monde ! Mais il était plus convenable pour une femme ainsi distinguée de pousser les hauts cris.
C’est alors que le Théodore prenait une mine contristée, se tenait tranquille le temps qu’on l’oublie et dès que la fesse oublieuse repassait à portée de sa main, la pinçait derechef et s’écriant d’un air langoureux et en clignant un œil coquin : « Alors Marguerite, (ou Jeanne ou Rosalie) vous n’êtes plus fâchée ? On se râaaime, alors, les deux ? » Théodore encaissait sans rancune la tape ou le coup de torchon qu’il avait mérité et toute l’assemblée riait de bon cœur. Théodore ne dédaignait personne : sa main s’adressait aussi bien aux voisines qu’aux femmes de sa famille sans distinction d’âge.
Il avait commencé sa carrière à l’école, continué au catéchisme, pris de l’assurance dans les bals de son adolescence et désormais marié, père de famille, citoyen modèle, il continuait de plus belle en société. Il semblait même que plus il avançait en âge, plus ce travers s’accentuait ; jusque là, il n’avait pincé que des postérieurs féminins, mais depuis peu, chez les bambins il ne distinguait plus les filles des garçons. Bientôt, les gamins puis les adolescents bénéficièrent du même privilège que leurs sœurs. Comme il était costaud et respecté, dans un premier temps, ils gardèrent le silence. Mais quand il s’en prit aux jeunes gars, les soirs de bal, on commença à le regarder d’un drôle d’air. Progressivement, le vide se fit autour de lui.
Théodore était un homme jovial, il avait besoin d’amis nombreux ; voyant son entourage le bouder il redoubla de cordialité et en vint à pincer les fesses de ses copains. Ceux-ci ne trouvaient pas déshonorante cette marque d’amitié accordée aux fessiers de leurs épouses, mais il en allait tout autrement si leur propre fondement était concerné ; Théodore faillit récolter des horions. Il se sentait de plus en plus seul, il voyait qu’on chuchotait sur son passage et sa jovialité, peut-être un peu forcée, en augmentait d’autant.
Puis un jour, il pinça les fesses du maire ; celles du curé ne lui échappèrent que grâce à l’ampleur de la soutane. Adieu conseil municipal et assemblée paroissiale. Il devint un paria ; sa femme lui cuisinait la soupe à la grimace, ses filles partirent en ville et ses fils lui montraient le poing.
Peu à peu, il n’eut plus d’autre compagnie que les animaux de la ferme. Il voulut alors leur témoigner son affection mais le chien le mordit, le chat le griffa ; les poules ayant peu de fesses, il n’en pinçait que les plumes ; quand aux moutons leur laine était trop épaisse ; du cochon il ne voyait que le groin dépasser de la soue. Restaient les vaches, mais elles se laissaient faire avec indifférence en le regardant de leur grand œil placide et velouté. Théodore aimait les protestations, les effarouchements qui étaient le piment de son plaisir. Un jour de vague à l’âme, il alla voir du côté de l’écurie ; d’une stalle dépassait le superbe croupe pommelée d’un percheron. Théodore ne put résister ; lui qui aimait les réactions fut servi au-delà des ses espérances. Le cheval avait le jarret robuste et le sabot nerveux. D’un vigoureux coup de pied à l’estomac, il envoya Théodore Strapontin pincer les fesses aux anges.

PP

samedi 13 novembre 2010


Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands Sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

BAUDELAIRE

Alice au Pays des Merveilles - La Chanson du Chat

vendredi 12 novembre 2010


A quelque point que les contes ornent l'esprit, et quelque agréables, ou quelque sublimes que soient les connaissances et les idées qu'on y puise, il est dangereux de ne lire que des livres de cette espèce. Il n'y a que les personnes vraiment éclairées, au-dessus des préjugés, et qui connaissent le vide des sciences, qui sachent combien ces sortes d'ouvrages sont utiles à la société, et combien l'on doit d'estime, et même de vénération aux gens qui ont assez de génie pour en faire, et assez de force dans l'esprit pour s'y dévouer, malgré l'idée de frivolité que l'orgueil et l'ignorance ont attachés à ce genre.
Les importantes leçons que les contes renferment, les grands traits d'imagination qu'on y rencontre fréquemment, et les idées riantes dont ils sont toujours remplis, ne prennent rien sur le vulgaire, de qui on ne peut acquérir l'estime qu'en lui donnant des choses qu'il n'entend jamais, mais qu'il puisse se faire honneur d'entendre.

CREBILLON fils 

Hey Ho Les 7 Nains

jeudi 11 novembre 2010

Danser

Danser

Danser quand on est gai,
Danser quand on est triste,
Danser sa joie,
Danser sa peine.
Danser la pluie,
Danser l’orage,
Danser l’été dans les nuages ;
Danser sans peur
Dans les couleurs.

mercredi 10 novembre 2010


 
Quand je veux louer
Quelque homme ou quelque dieu, soudain je sens nouer
La langue en mon palais, et ma gorge se bouche.
Mais quand je veux d'amour ou écrire ou parler,
Ma langue se dénoue et lors je sens couler
Ma chanson d'elle-même aisément en la bouche.

RONSARD

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...