samedi 2 octobre 2010

Princesse Rosette (11)

- Mais , êtes-vous une princesse ?
Il est vrai que l’allure de Rosette, en habit de lutin, chaussée de bottes de sept lieues, et recouverte d’une houppelande, était fort peu princière. Elle se redressa de toute sa hauteur, la main posée sur son bâton sculpté :
-« N’en ai-je pas l’air ?
-Heu…si..si…bien sûr, balbutia le chevalier médusé et qui se demandait en quoi cette jeune personne altière qui frayait avec des dragons, pouvait avoir besoin qu’on l’assiste. Et que puis-je faire pour vous ?
La jeune fille raconta son histoire, ajoutant qu’elle avait du revenir sur ses pas pour secourir le dragon aussi ne lui restait-il plus qu’une journée pour se rendre dans le septième vallon, convaincre son grand-père le magicien de lever tous les sorts et de remettre en état le jardin avant le retour du roi.
Le chevalier regardait Rosette plus qu’il ne l’écoutait. Totalement sous le charme, il était décidé à répondre à toutes ses demandes avant même qu’elle les ait formulées. Kipufor assis sur son gros derrière les contemplait d’un air béat.
-« Mais vous-même Messire, me direz-vous votre nom ?
-J’ai fait vœu de ne révéler mon nom qu’à celle que deviendra mon épouse.
-Alors, je vous appellerai le Bel Inconnu. Puis-je au moins savoir ce qui vous a mis en quête ?
- Le Roi mon Père, voulait me forcer à me marier avec la fille d’un roi son voisin. Et je refuse de m’unir à une princesse inconnue, qui ne m’aime pas et que je n’aime pas. Aussi ai-je choisi les Aventures… et voilà que je vous ai trouvée…
-Eh bien, partons dit Rosette dont les préoccupations étaient bien éloignées de l’idée d’une romance , fut-ce avec un bel inconnu. . Où est votre monture ?
-Hélas, des brigands m’ont assommé ; ils ont pris mon cheval et ma bourse, mais heureusement, ils m’ont laissé mon épée.
Une épée pensait la jeune fille, ne se chevauche pas…Moi, j’ai mes bottes
Ah, dit-elle à voix haute, Kipufor peut voler ! Montez sur son dos et suivez-moi ! Mais laissez ce casque et cette armure qui vous encombrent. Vous reviendrez les chercher plus tard.
En quelques enjambées de bottes magiques et le même nombre de battements d’ailes de dragon, le sixième vallon fut atteint et traversé. L’ermite assis près de la fontaine avait suivi des yeux l’étrange chevauchée qui bientôt disparut derrière la montagne.
Rostte était évidemment démangée du désir de connaître le nom du chevalier qui lui-même était dévoré d’un désir aussi intense d’embrasser cette énergique jeune princesse. Elle était arrêtée en haut du septième mont et Kipufor vint se poser près d’elle. Elle grimpa sur son dos s’accrochant à celui de Bel Inconnu de plus en plus enchanté de cette Aventure.
Et les voilà qui survolent le septième vallon. Il était vaste comme un pays et traversé d’une rivière aux boucles alanguies , divisées en îles par endroits. Au centre de cette contrée paisible et comme endormie se dressait un manoir en ruines aux douves alimentées par la rivière. On ne voyait ni hommes ni animaux, aucun vent ne remuait les feuilles d’arbres immenses, aucun cri, aucun chant d’oiseau ne se faisait entendre. Seule, la roue d’un moulin brassait l’eau de la rivière. Un soleil discret enluminait la brume diffuse qui voilait les contours du paysage.
Kipufor se posa près du manoir ; il avait grand besoin de se baigner. Rosette et le Bel Inconnu le laissèrent aller à la rivière pendant qu’ils approchaient du manoir. C’était un bâtiment mi-ferme, mi-forteresse dont le pont-levis était baissé. 

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Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...