jeudi 30 septembre 2010

Princesse Rosette (9)

Elle n’eut que le temps de s’aplatir sur le sol : le dragon gueule ouverte, langue fourchue dardée, lançait, un puissant jet de flammes, une âcre odeur de brûlé masquait celle tout aussi nauséabonde du dragon ; on entendait craquer des brindilles et siffler les serpents. Puis, plus rien, le silence. Un silence inquiétant bientôt troublé par une sorte de grognement. Un étrange grognement articulé ; Rosette croyait distinguer des mots. Elle leva la tête et non, elle ne rêvait pas, le dragon parlait. C’était un brave dragon du nom de Kipufor qui s’ennuyait, solitaire, entre son étang et la grotte où se trouvait un trésor qu’on lui avait donné à garder. Sa peur envolée, Rosette retrouva sa curiosité naturelle :
- Un trésor ? mais à qui appartient-il questionna la princesse.
-Il y a si longtemps…. J’ai Rédigeroublié… on a déposé une malle dans la grotte et depuis, personne n’est revenu.
-Et cette malle , que contient-elle ?
-Je n’en sais rien !
-Vous n’avez jamais pensé à l’ouvrir ?
Ce manque de curiosité était inconcevable pour Rosette ;
-Vite, allons voir…
Les dragons, quand ils ne dévorent pas les princesses, se mettent à leur service ; leur nature est ainsi faite. Subjugué, Kipufor, trop gros pour entrer dans la grotte, laissa passer Rosette. Son cou était si long que sa tête pouvait la suivre.
La malle était si vermoulue qu’elle parvint sans peine à l’ouvrir . Dedans, pas de trésor ; ni or, ni perles ni pierres précieuses, mais une paire de bottes, un habit de garçon vert, semblable à celui du lutin et un grand sac de blé.
Ce sac de blé, la fit rêver : depuis cinq jours elle vivait de nourritures de fortune et l’odeur du blé lui fit souvenir de celle du pain, d’un pain frais, croustillant. Elle secoua la tête poussa un gros soupir et s’en fut ramasser des framboise et des fraises sauvages qui poussaient alentour. Pendant sa cueillette, un idée lui vint : elle était au bord d’un étang, elle avait donc de l’eau et le dragon crachait du feu. L’idée à peine venue était réalisée : entre deux pierres elle écrasa les grains de blé, ajouta de l’eau , pétrit le tout. Elle eut bientôt en main une pâte sur laquelle elle fit souffler Kipufor. Le dragon, qui n’avait jamais goûté de pain frais ni senti son odeur en fut émerveillé et sa dévotion à Rosette en augmenta d’autant.
Rassasiée, fatiguée, Rosette se blottit dans sa houppelande et s’endormit devant le feu allumé à l’entrée de la grotte.

1 commentaire:

croukougnouche a dit…

je vais revenir ce week-end relire ce conte tranquillement , en ce moment tout me pousse et va trop vite !! pause !

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...