mercredi 29 septembre 2010

Princesse Rosette (8)

Le chemin qui menait au cinquième mont était moins tortueux et plus doux que les précédents. Mais la voyageuse ne tarda pas à regretter le précédentes épreuves : ce joli chemin sablonneux qui menait en pente douce vers le sommet,  était jalonné de serpents qui se chauffaient au soleil. Rosette craignait beaucoup les serpents. Heureusement, les bottines d’écorce lui montaient jusqu’aux genoux ; elle se souvint des enseignements du Roi son Père. Les serpents, lui avait-il expliqué, sont craintifs ; ils ont bien plus peur que toi. Mais ils dorment profondément ; si tu les réveilles, effrayés, ils deviennent dangereux. Regarde devant toi et ne leur marche pas sur la queue ; agite une branche au ras du sol, ils se sauveront. Rosette comprit pourquoi le lutin lui avait donné la canne et c’est ainsi qu’elle arriva sans encombre au sommet du cinquième mont. Comme elle en avait désormais l’habitude, avant d’entamer la descente, elle regarda au fond du vallon : elle y vit une grotte au bord d’un étang. Tout semblait paisible ; elle allait pouvoir dormir au sec. En économisant les fromages et les pommes que lui avait données le lutin, elle se dit qu’elle pourrait aller jusqu’au bout de sa quête sans trop de peine.
Des taillis, des buissons lui masquaient l’étang et la grotte mais il n’y avait qu’un seul chemin ; elle ne risquait pas de se perdre. C’est en arrivant près de l’étang qu’elle crut mourir de frayeur. Plus elle approchait du but, plus une odeur pestilentielle empoisonnait l’atmosphère. Elle se demandait ce qui pouvait bien sentir aussi mauvais et aussi pourquoi si elle pouvait dormir au sec, il fallait que ce soit dans la puanteur. D’étranges morceaux de corne étaient éparpillés sur le sol
L’eau de l’étang s’agitait de façon étrange ; elle s’imagina qu’un rocher était en train d’émerger : un énorme rocher gris verdâtre et luisant. Mais le rocher bougeait ; le rocher avait des yeux ; des yeux à demi voilés par des paupières écailleuses ; et le rocher sentait mauvais ; c’était lui qui dégageait l’horrible fumet dont Rosette avait le cœur soulevé. Et le rocher sortait de l’étang, dégoulinant de boue et d’eau saumâtre ; d’ailleurs, il fallait de rendre à l’évidence, le rocher était un dragon. Un dragon qui se dirigeait vers la jeune princesse, les yeux luisants lui semblait-il, de férocité ; aussi fit-elle précipitamment demi-tour. Elle s’arrêta affolée : derrière elle il y avait les serpents.

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