jeudi 23 septembre 2010

Princesse Rosette (3)

« Par ma baguette, Rosette, tu l’as laissée sortir ? réprimanda la fée.
-Je ne savais pas, marraine, je ne savais pas, pleurait Rosette.
-Ma pauvre fille ! J’avais bien dit à ton père que tu étais assez grande pour savoir…
-Savoir quoi, marraine ?
-Assied-toi, dit la fée en désignant à Rosette un arbre mort qui venait de se coucher au bord d’une allée :
« Nous étions trois sœurs : ta mère, celle que tu viens de voir et moi. Cette sorcière est donc ta tante. Notre père est un grand mage, connu pour son savoir ; ton père un jour est venu le consulter. Nous recevions peu de visiteurs et ton père en sa jeunesse était fort séduisant. Nous sommes toutes trois tombées amoureuses de lui mais il devint vite évident que sa préférence allait à ta mère. Nous savions que l’amour d’un homme nous ferait perdre nos dons magiques. Ta mère était amoureuse, la perte de ses pouvoirs lui était indifférente ; en ce qui me concerne, puisque ta mère était l’élue, je me suis consolée en me plongeant dans l’étude afin de perfectionner mes dons. Mais notre sœur, ta tante, eut moins de sagesse : folle de dépit et de jalousie, elle se plongea elle aussi dans l’étude, mais celle des sciences noires, celles qui engendrent le mal. Elle a fait mourir ta mère lors de ta naissance et voulait aussi te détruire.
Notre père pour l’empêcher de nuire et la punir de s’être vouée au mal, l’a changée en grenouille, en recommandant au tien de la tenir toujours enfermée dans cette cabane où personne autre que lui ne devait entrer.
Tu devais connaître la vérité dès que tu serais assez grande pour la comprendre et j’avais prévenu ton père que le temps était venu ; mais il est comme tous les pères il ne voulait pas te voir grandir ! Et voilà, le mal est fait ; je n’y peux plus rien. Seul ton aïeul le magicien pourrait réparer le désastre. Mais il s’est retiré du monde, loin d’ici, par delà les sept monts, par delà les sept vallons. Il ne veut plus avoir affaire aux hommes. Pars à sa recherche, Rosette, il acceptera peut-être de venir en aide à sa petite-fille. Mais ta quête sera difficile car il change souvent d’apparence ; on m’a dit l’avoir vu sous la forme d’un cerf blanc à la ramure d’or, mais il a bien d’autres aspects. De plus, la route est longue et périlleuse ; cependant, puisque ta curiosité est la cause de cette catastrophe, il est juste que tu te donnes un peu de mal pour la réparer. Pars sans plus attendre ; si ton père voit son royaume dans cet état, il pourrait bien en mourir de douleur. »

1 commentaire:

croukougnouche a dit…

MMMMM! ça prend décidément belle tournure...

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...