mardi 21 septembre 2010

Princesse Rosette (1)


On ne sait trop quand, on ne sait trop où, vivait un roi jardinier.
Il régnait en despote éclairé sur des massifs à la discipline incertaine ; il aimait beaucoup les roses et avait pour cela baptisé sa fille unique, Rosette.
Princesse Rosette avait perdu sa mère en naissant ; on lui avait donné en compensation, une marraine-fée excellente.
Princesse Rosette était parfaite en tous points sauf un : elle était effroyablement curieuse. Elle voulait savoir de tout le pourquoi et le comment et posait sans arrêt des questions.
« Rosette, Rosette, l’admonestaient son père et aussi sa marraine, la curiosité te jouera des tours ; prends garde à toi ! »
Une chose surtout, ou plutôt un lieu, intriguait particulièrement Princesse Rosette : une cabane tout au fond du jardin où le soir, le roi son père, rangeait ses outils et ses arrosoirs et qu’il ne quittait jamais sans avoir vérifié à plusieurs reprises que toutes les issues en étaient soigneusement fermées.
Aux questions de la curieuse, qui voulait savoir la raison de tant de précautions pour quelques outils somme toute, assez ordinaires, le roi répondait sombrement : « Cela ne vous regarde pas, Princesse, vous le saurez quand vous serez grande. »
Et il refusait toujours de la laisser entrer avec lui dans la cabane.
Vous imaginez bien que Rosette n’avait qu’une idée en tête : ouvrir la porte et regarder ce qu’il y avait là-dedans.
Le temps passant, cela devenait une idée fixe.
Et puis un jour, le roi fut invité à une assemblée de rois-jardiniers : on allait y comparer oignons, semences et boutures et prendre d’importantes décisions concernant les futures plantations des royaumes. Le roi aurait voulu que Rosette vienne avec lui, mais il avait fait très sec cet été-là et la princesse proposa de rester pour surveiller un massif d’hortensias récemment planté et qui avait besoin d’un arrosage quotidien. Le roi ne pût rien objecter et sortit les arrosoirs de la cabane qu’il referma soigneusement.
Puis à son carrosse, il attela l’âne Cadichon, embrassa Rosette en lui recommandant bien d’appeler sa marraine en cas de besoin et il nota sur une ardoise la formule qui la faisait apparaître.
A peine eut-il disparu derrière la haie d’aubépines qui marquait les frontières du royaume, que la curieuse, négligeant les hortensias pour lesquels elle était restée, se mit à fureter dans tout le palais afin de trouver où le roi cachait la clef de la cabane en planches. Peine perdue, le roi, prudent, la gardait toujours accrochée à une chaîne autour de son cou.
Dépitée, Princesse Rosette secoua la porte qui resta inébranlable et même insensible à une volée de coups de pied ; car la princesse, folle de curiosité, perdait une à une ses perfections et devenait en plus de curieuse, coléreuse. Rouge, essoufflée, elle alla s’asseoir au bord d’un bassin et trempa pour se rafraîchir, les mains entre les nymphéas ; l’eau froide lui rendit un peu de calme ; elle se mit à réfléchir tout en regardant la porte close. C’était une porte solide, mais la serrure en était vieille. L’idée surgit : Princesse Rosette courut à sa boîte à couture et revint avec une paire de ciseaux très fins mais extrêmement solides. Introduits dans le trou de la serrure, ils parvinrent sans trop de difficulté à actionner le pène, et bonheur, la porte s’ouvrit !.......

1 commentaire:

croukougnouche a dit…

ah! là! là! les ennuis commencent!

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...