dimanche 19 septembre 2010

C'est-y pas mieux comme ça??? (2)

Et puis il arriva que la branchette vint atterrir tout contre le panier ; le museau pointu en venant la ramasser sentit ses narines se dilater sous l’emprise d’un parfum incomparable. Toutes les senteurs de la forêt qui faisaient habituellement son bonheur ne lui avaient jamais rien offert de tel. Sa langue sortit toute seule d’entre ses dents et des gouttes de salive tombèrent dans l’herbe.
-« Hé là ! toi, sauvageon, ce n’est pas pour toi, çà ! C’est pour ma Mamy ! s’exclama la fillette en garant sa charcutaille.
Le loup s’assit et gémit…
-« Tu as faim ?
Et il remua la queue, ce qui était un mensonge car le bois regorgeait de gibier.
-« Voyons… pas les rillettes, je ne peux pas entamer le pot ! Pas le saucisson…ça se verrait trop… Oh, le pâté… après tout, Mamy ne sait pas qu’il y a du pâté !
La tranche était grosse ; avec un couteau qu’elle avait toujours dans sa poche, l’enfant en fit deux parts et donna la plus grosse au loup qui ne prit pas le temps de la déguster. En une bouchée, le pâté fut avalé et les babines léchées..
-« Bon, ce n’est pas tout ça, assez joué ! Il faut que je me dépêche maintenant. A une autre fois peut-être ?
Et avec regret, elle prit la direction de la maison de sa mère-grand. Or, dans ce bois, deux chemins y menaient et par le plus grand des hasards, le loup prit le second.
Comme il avançait plus vite que la petite fille, il arriva le premier devant la maisonnette.
Mère-grand était aux prises avec son vieil ennemi le garde-chasse. Ils se traitaient de noms que je n’ose pas répéter ici dans une histoire qui sera lue par des enfants.
Il faut maintenant parler un peu de Mère-grand qui n’avait rien de ces aïeules de contes de fées assises à filer au coin du feu. Elle tricotait, certes, mais elle portait des jeans et des baskets, portait courts des cheveux qui semblaient plus blonds que blancs et parcourait tous les jours la forêt environnante pour… désamorcer les pièges du garde-chasse que cela rendait fou furieux.
D’autant plus furieux qu’elle ne touchait jamais à ceux que posait un braconnier de ses amis.
Mais voilà ! Les vieilles dames sont comme ça ! Elles ont leurs préférences, et celle-là préférait le jeune et vigoureux braconnier qui, de plus lui faisait les yeux doux, au moustachu et ventru garde-chasse qui sentait la pipe froide et dont le mauvais sourire était plus édenté qu’un vieux peigne.
-« Allez-vous me fiche la paix, vieux Sotré, criait la dame au garde-chasse qui la menaçait de sa canne !
Le loup, caché dans un fourré, suivait la scène avec intérêt, quand il vit dans l’autre chemin s’avancer un bonnet rouge, coiffant une fillette qui portait un panier. L’intelligent animal comprit immédiatement que c’était la grand-mère de sa petite amie que molestait le garde-chasse. Lui-même en tant que loup n’avait aucune sympathie pour le personnage. Il s’élança en grondant. Le vilain bonhomme se retourna , arma son fusil et visa. La petite fille hurla , se mit à pleurer, la grand-mère était pâle, les poils du loup hérissés ; le garde chasse appuyait sur la gâchette, il allait tirer, quand il poussa un hurlement, laissa tomber son fusil . Un coup était parti, derrière lui, criblant ses fesses d'une volée de petit plomb. Sans prendre le temps de ramasser son arme, il détala , les mains crispées sur le fond de son pantalon.

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Le Blaireau -

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