mardi 23 février 2010

NEPTUNE (1)

A la Sainte-Honorine,
Bourgeonne l’aubépine

Neptune est un violent, il est imprévisible. Son calme est redoutable qui préside aux tempêtes.

Saturne, père indigne, dévorait ses enfants. Cybèle pour les sauver, faisait ce qu’elle pouvait : elle donna pour Neptune un poulain nouveau-né et cacha le bébé dans un coin d’écurie ; il fallait l’éloigner.
On choisit pour nourrices les étranges Telchines, chiennes pour la tête et poissons pour les mains. L’enfant apprit chez elle à déclencher la pluie, à provoquer la grêle et quand il en eut l’âge, Helia la plus belle, lui montra c’est utile, comme on fait les enfants.
Neptune ayant grandi, s’en fut vers son destin, armé d’un beau trident, cadeau de ses nourrices.

Les enfants de Saturne, l’oracle l’avait dit, ont détrôné leur père. Ils prirent son empire et se le partagèrent. Neptune eut pour sa part les mers et les rivières, les océans, les sources, tout ce qui bouge et vit dans le monde liquide. Jupiter son cadet, avait pris le pouvoir ; il gouvernait le monde, il régnait sur les dieux…. C’était insupportable ! Neptune l’ombrageux se mit à conspirer.
L’Olympe révolté ligota Jupiter. Briarée aux cent bras, averti par Thétis, libéra le captif qui pour avoir la paix, exila en Phrygie Neptune et Apollon.

Pour fortifier sa ville, le roi Laomédon voulait une muraille. Contre un prix raisonnable, les deux conspirateurs offrirent leurs services. Les remparts achevés, le roi nia sa dette, arguant que Jupiter pour punir les rebelles, les avait fait esclaves à son service à lui, le souverain de Troie. Furieux le dieu de seaux lança sur la cité quelques monstres marins, la peste et des tempêtes. Bien plus tard, quand les Grecs firent la guerre aux Troyens, il fut de leur côté.

Il fallait une terre à l’ombrageux Neptune qui trouvait trop humide la partie du monde qu’il avait obtenue. Une ville était vacante ; Minerve la voulait, il la voulut aussi. Les dieux trouvèrent sage de la donner à qui ferait au genre humain le don le plus utile. Neptune, sûr de lui, d’un seul coup de trident fit jaillir un cheval ; mais Minerve la sage, fit pousser l’olivier.
Grand débat sur l’Olympe : les dieux sont pour Neptune, les déesses pour Minerve. Il y en avait une de plus que de dieux : Minerve remporta la ville qu’on nomme Athènes.
Neptune fou de rage, frappe de son trident, remue tout l’océan, des vagues gigantesques submergent la cité. On dut pour l’apaiser ôter le droit de vote aux femmes du pays ; les hommes qui portaient le même nom que leur mère durent y renoncer.

Il revendique alors Trézène sur laquelle Minerve avait des vues ; le tribunal des dieux attribue à chacun la moitié de la ville ; personne n’est content !
Alors, à Jupiter, il demande Egine, et puis à Dionysos la ville de Naxos ; il se bat contre Hélios pour obtenir Corinthe. Les dieux doivent trancher : l’Acropole à Neptune et l’isthme pour Hélios. Furieux, il veut reprendre à Junon l’Argolide. Ebranleur de ces terres qu’il ne possède pas, Neptune se bagarre, provoque des tempêtes, envoie partout ses monstres. Hommes et immortels redoutent ses colères, se plaignent à Jupiter. Sommé de comparaître au tribunal des dieux, il les prétend partiaux et ne se montre pas.
Jupiter désespère de calmer le furieux. Il fait appel aux fleuves Inachos, Céphise et aussi Astérion. Les trois fleuves prudents, avant de décider, interdisent à Neptune quel que soit le verdict, d’inonder la région. Neptune fait serment ; les fleuves se prononcent en faveur de Junon. S’estimant bafoué, le dieu veut sa revanche : il assèche les fleuves !
Plus une goutte d’eau dans toute l’Argolide.

Le nymphe Amymoné, qui avait besoin d’eau, observait un grand cerf. Le superbe animal entre dans la forêt ; Amymoné le suit, pensant trouver la source où le dix-cors s’abreuve. Attentive à la trace, elle ne remarque pas un satyre endormi à l’ombre des buissons. La nymphe le bouscule. Réveillé en sursaut, le satyre voit la belle, la poursuit ; elle se sauve. Bien vite il la rattrape, tente de la violer. Affolée, aux abois, la nymphe à son secours appelle tous les dieux et Neptune l’entend. Le dieu sans hésiter, à grands coups de trident chasse le chévrepied, mais l’autre, agile, esquive et se sauve en courant. Amymoné respire ; mais il est plus facile d’éviter un satyre que le bouillant Neptune. Tenant à sa vertu la belle se dérobe. Pour gagner ses faveurs, tous les moyens sont bons, y compris rendre l’eau au pays desséché. En manquant le satyre, le trident s’est planté dans une énorme roche. Neptune le retire et des trois trous jaillissent trois sources bondissantes : les trois sources de Lerne aux eaux intarissables, même au fort de l’été.

a demain P.

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