samedi 28 novembre 2009

-Origine de la Première Loi de Purnath- (1) de Serge LEHMANN



Dans moins de six décades maintenant, l’Institut de théologie Arkhat Malamut tiendra son séminaire annuel, en présence de nombreuses délégations étrangères. A cette occasion, le Recteur Groblar m’a demandé de prononcer une courte allocution sur l’origine de la première Loi de Purnath. J’avoue ne pas comprendre les raisons d’un tel empressement. La Première Loi est passée dans les mœurs depuis bien longtemps. Nul ne songe à discuter les termes de son application – qui sont clairs – ni à contester son appartenance aux Tables – que chacun peut d’ailleurs vérifier de visu au musée de l’Institut (section d’archéologie religieuse , vitrine numéro deux, ouvert tous les jours de dix heures à dix-neuf heures sauf le Ilandri). C’est l’avantage des croyances fondées sur des artefacts plutôt que sur de vagues hallucinations retranscrites de nuit, à la lueur des torches : à chaque instant, on sait où se trouve la tablette de boue séchée. Le fidèle dispose ainsi d’un remède efficace contre le doute. Sans compter que cela évite les commandements tronqués, les signatures illisibles et la plupart des fautes d’orthographe.
Quoi qu’il en soit, le recteur Groblar croit nécessaire de revenir une fois de plus sur la Première Loi, et il va sans dire que le moment venu, je m’exécuterai – ne serait-ce que pour l’édification de nos jeunes collègues. Je n’émettrai qu’une seule réserve. Le Codex Purnathi forme un ensemble unique de contes, d’histoires et d’aphorismes archaïques. De ces textes, notre Eglise a tiré l’essentiel de sa doctrine. Je suis tout prêt à reconnaître que ce passage du séculier au régulier est un point faible (dans la mesure où Purnath n’a jamais revendiqué pour lui-même la moindre influence divine, et que celle-ci n’a été établie par l’Institut que plusieurs siècles après sa mort). Mais je ne laisserai personne utiliser mes travaux pour justifier une quelconque entreprise de révision. Je pense en particulier à l’école de Brimon le Sarde, qui ne voit dans la Première Loi qu’une banale disposition sanitaire, dictée par les impératifs de l’époque… Toute tentative pour associer mon nom à de telles hérésies sera portée sans délai devant les autorités compétentes (en l’occurrence, les bureaux de l’Inquisiteur dont chacun sait qu’ils sont ouverts jour et nuit même le Ilandri).

2 commentaires:

RODOLPHE SALIS a dit…

...viens, mon beau chat!...

anne des ocreries a dit…

Oh, ça m'a l'air bien intéressant, ça ! La suite...

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