samedi 17 octobre 2009

Un conte de la pluie et du temps (2)

A-t-elle le pressentiment que ce nouveau roman sera le dernier ? Veut-elle en faire une sorte de legs moral ? Les années passent, elle les sent de plus en plus lourdes même s’il n’y paraît pas. Elle est encore svelte, elle se tient droite, et sans les bonnets dont elle se couvre la tête, on verrait que ses cheveux ont le privilège des châtains clairs : celui de ne pas grisonner, mais de devenir de plus en plus blonds jusqu’à atteindre le platine ; pourtant ses yeux lui font mal , elle s’essouffle dans les escaliers, il lui arrive d’avoir des vertiges; elle n’a plus beaucoup de temps devant elle et tant et tant de choses à dire encore , tant de messages à faire passer à toutes ces fillettes, à ces jeunes filles, à ces fiancées qu’on laisse grandir dans l’ignorance et la soumission.
Toujours est-il que, pour une fois, elle réfléchit plus que d’habitude au sort de ses personnages.
Deux ans se sont écoulés depuis l’histoire du chemineau Diloy… Comme le temps passe vite désormais ! Dans l’intervalle, elle a fait publier une Bible destinée , elle aussi aux enfants, mais elle préfère , ô combien, inventer des personnages, les faire vivre, parler, arranger leur destin à sa manière. Oui, elle a envie de parler des filles ,de parler aux filles . Déjà, dans un précédent roman, elle avait réclamé pour l’insupportable Gizelle , le droit au savoir, lequel aurait dû lui donner le droit à l’indépendance. Sophie ne sait pas qu’elle médite sur sa dernière œuvre, mais elle va inconsciemment lui donner la structure de ses premiers écrits : un conte, avec l’orpheline prisonnière du mauvais enchanteur, son tuteur qui veut la livrer au monstre, son épouvantable fils . Deux bons génies, un noir et un blanc :Ramoramor, et Pélagie, assureront sa protection rapprochée ; une bonne fée et son farfadet :Primerose et
Azéma. Dévouée corps et âme à sa patronne , Azéma comme tous les farfadets est insolente, indépendante et obéit quand et comme il lui convient. Toute l’équipe aidera le bon chevalier ,Jacques, à la délivrer.
Ces personnages vivent dans un domaine enchanté qu'elle nommera par dérision, Plaisance, car on ne peut pas dire que l'héroïne y mène une vie plaisante.
Dès les premières pages, on comprend que des dangers la guettent dès qu'elle cherche à s'éloigner. Quand elle se fait mordre par un renard, Sophie se souvient des contes russes de son enfance dans lesquels le renard est souvent un mauvais génie; des ronces déchirent son visage et ses vêtements, puisque l'on sait depuis la Belle au Bois Dormant que les châteaux enchantés sont entourés de ronces qui les cachent à la vue du monde.
Quant à l'héroïne, ce n'est pas une princesse, du moins pas encore, c'est une orpheline; c'est pratique, une orpheline, on peut à loisir critiquer ceux qui l'élèvent puisque ce ne sont pas ses parents. Elle se nommera... voyons... Valérie... Brigitte... Gertrude... non, pas Gertrude; c'est un nom de méchante, Gertrude… au fait, non, dans Diloy, Gertrude était gentille.
Geneviève! voilà , c'est bien, Geneviève!

2 commentaires:

dusportmaispasque a dit…

C'est des garçons qu'il faut s'occuper, pour qu'ils soit gentils avec les petites files.

Mao Zybamba a dit…

Un soir, je sentis une vibration à quelques part dans mon interieur. vous qui connaissez mieux la vie que moi meme, vOus que qui faites le toure du monde en une nuit, vous qui faites marches les rochets sur les lacs sur, aidez moi par la magie de la parole a retrouver mon etre qui s'evade.
mao zybamba
conteur Burkinabé
bisous

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...