dimanche 5 juillet 2009

Les trois cheveux d'or du Diable (2)



Les brigands ne tardèrent pas à rentrer et se mirent en colère à la vue de cet étranger qui dormait. La vieille dut s’expliquer : elle avait eu pitié de ce pauvre jeune homme égaré dans les bois. « D’ailleurs, ajouta-t-elle, il partira demain matin puisqu’il porte une lettre à la reine. »
Les brigands voulurent savoir ce que disait la lettre. Ils étaient tous des malfaiteurs, des criminels endurcis et pourtant la traîtrise du roi les indigna. Le chef déchira la lettre et en mit une autre à la place dans laquelle il avait écrit qu’on devait immédiatement marier la fille du roi au messager. Les brigands remirent la lettre dans la poche de leur protégé qu’ils laissèrent dormir jusqu’au matin, puis ils le remirent sur la bonne route.
La reine reçut le messager, prit connaissance de la lettre et s’empressa d’exécuter les ordres de son époux, sans même consulter sa fille. Heureusement, la bonne mine du garçon né coiffé lui plut et elle fut enchantée d’avoir à passer le reste de sa vie avec lui..
Quand le roi revint au palais, il trouva la prédiction accomplie : le garçon né coiffé avait épousé sa fille dans sa quatorzième année. Il demanda des comptes à la reine qui lui répondit qu’elle n’avait fait qu’exécuter l’ordre qu’il avait donné dans la lettre. Il demanda à la voir. Quand il vit qu’elle avait été changée, il fit venir le jeune homme : « Qu’est devenue la lettre que je t’avais confiée ? Ce n’est pas celle-ci ! » « Je n’en sais rien répondit le jeune homme. Probablement les brigands chez qui j’ai passé la nuit l’auront changée. »
Le roi était furieux : « C’est trop facile ! Ma fille ne peut appartenir à un enfant trouvé ! A moins… à moins que tu n’ailles en enfer. Tu y prendras trois cheveux d’or sur la tête du diable et tu me les apporteras. Si tu y parviens, ma fille sera à toi. »
Le roi en ordonnant cette quête impossible, pensait bien se débarrasser de ce gendre malencontreux. Mais le jeune homme accepta : « Je n’ai pas peur du diable ; j’irai chercher les trois cheveux d’or. » Il se mit en route aussitôt.
Mais il est long le chemin de l’enfer. Un jour, il arriva à la porte d’une ville ; la sentinelle lui demanda qui il était et ce qu’il savait.
« Tout ! », répondit-il hardiment
« Alors, reprit la sentinelle, tu vas pouvoir nous dire pourquoi la fontaine du marché, qui nous donnait toujours du vin, s’est tarie et ne donne même plus d’eau. »
« Oui, oui ; attendez mon retour et je vous dirai ça ! »
Et il continua son chemin, longtemps, longtemps, jusqu’à la porte d’une autre ville ; la sentinelle lui demanda qui il était et ce qu’il savait ;
« Tout ! », répondit-il sans hésiter
« Apprends-nous dans ce cas, pourquoi le grand arbre de notre ville, qui donnait des pommes d’or, s’est desséché et n’a même plus de feuilles »
« C’est bien simple ; attendez mon retour et je vous le dirai. »
Et il continua… plus loin, toujours plus loin. Il arriva devant une grande rivière qu’il fallait traverser. Le passeur lui demanda qui il était et ce qu’il savait.
« Tout ! » dit-il avec aplomb
« Donc tu peux m’apprendre, si je dois rester éternellement sur ce bac sans jamais être remplacé. »
« Bien sur ! Fais moi passer de l’autre côté et à mon retour je te le dirai. »
Quand il fut sur l’autre rive, il trouva enfin la bouche de l’enfer ; c’était un trou noir et enfumé.

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

Me demande comment il va s'en tirer au retour, celui-là...

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...