mercredi 22 juillet 2009

Les deux frères (13)


-->
Le repas fini, il dit : « Ami aubergiste, j’ai mangé et bu comme un roi ; maintenant, je vais aller à la cour et j’épouserai la princesse. – Impossible, répondit l’aubergiste, la princesse est déjà fiancée. Elle doit aujourd’hui épouser le connétable. » Alors le chasseur tira de sa poche les sept langues du dragon enveloppées dans le mouchoir que lui avait donné la princesse : « Voyez-vous, aubergiste, ce que je tiens dans cette main va m’y aider. » L’aubergiste considéra le paquet sanglant et dit : « Je veux bien tout croire, mais pas ça ! Tiens, je parie ma maison et mon auberge ! » Le chasseur posa sur la table une bourse contenant mille pièces d’or et lança : « Pari tenu ! »
Le roi, pendant ce temps, dînait avec sa fille : « D’où venaient ces bêtes féroces qui se promenaient partout dans le château et dans tes appartements. – Je ne peux pas vous le dire, mon père, mais faites chercher le maître de ces animaux vous n’aurez pas à le regretter. » Le roi envoya un messager à l’auberge qui arriva juste au moment ou le chasseur pariait avec l’aubergiste : « Vous voyez, ami aubergiste, le roi envoie son messager pour m’inviter aux noces de sa fille. Mais attendez… » Et il dit au serviteur : « Je ne peux me rendre au mariage de la princesse dans un si modeste équipage. Demandez lui de me faire envoyer les habits, le carrosse, les chevaux et les serviteurs qui conviennent à un invité du roi. » Le messager porta cette réponse au roi qui demanda à sa fille : « Que faut-il faire ? – Faites ce qu’il demande, père. Vous n’aurez pas à le regretter. » Le roi envoya de riches habits, un carrosse, six chevaux et des domestiques .« Vous voyez, ami aubergiste, dit le chasseur, le roi me fait chercher comme je l’ai demandé. » Il revêtit les beaux habits et sans oublier les langues du dragon, il monta dans le carrosse pour se rendre à la cour. Le roi, qui pressentait un mystère, en le voyant arriver dit à sa fille : « Comment faut-il le recevoir ?- Allez à sa rencontre, mon père, vous n’aurez pas à le regretter. » Le roi alla au devant de lui et le conduisit, suivi de ses animaux dans la grande salle du trône. Il le fit asseoir à côté de lui et de la princesse. Le connétable était assis de l’autre côté, mais il ne reconnut pas le chasseur.

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

niark niark ! ça sent le roussi pour le Connétable, bien fait !
un fourbe, un lâche et un menteur ne peuvent pas faire un roi !
non mais !

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...