lundi 20 juillet 2009

Les deux frères (11)


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Le lendemain au déjeuner, il dit à l’aubergiste : « Croyez-vous possible que ce jour même, je mange du pain provenant de la table du roi ?- C’est tellement impossible que je suis prêt à parier cent pièces d’or que vous n’y arriverez pas. » Le chasseur accepta le pari et donna sa bourse en gage : elle contenait exactement cent pièces d’or. Puis il appela son lièvre : « Mon petit ami agile, saute jusqu’au palais et rapporte moi du pain de la table du roi. ». C’était une mission dangereuse ; en sautant à travers la ville, il aurait tous les chiens à ses trousses ; ce qui ne manqua pas d’arriver. Toujours poursuivi, il arriva près du palais et se cacha dans la guérite d’un garde. Les chiens tentèrent de l’en faire sortir en sautant, en grattant et en aboyant, mais le garde qui n’avait pas vu le lièvre cogna sur les chiens avec la crosse de son fusil pour les faire cesser ; ils s’enfuirent tous en hurlant et en gémissant. Le lièvre sortit de la guérite, traversa la cour du château, alla tout droit chez la princesse ; il se cacha sous son fauteuil et avec sa patte, lui gratta le pied. « Veux-tu bien finir ! », dit la princesse croyant que c’était son chien. Le lièvre recommença, mais la princesse croyait toujours que c’était son petit chien ; elle voulut le chasser. Le lièvre obstiné, gratta un troisième fois et la princesse se baissa pour voir qui lui grattait le pied ainsi. Elle vit le lièvre et le reconnut à son collier de corail. Elle le prit dans ses bras, l’emmena dans sa chambre où elle lui dit : « Que veux-tu, gentil lièvre ? – Mon maître qui a tué le dragon m’envoie vous demander du pain de la table du roi » Tout heureuse de savoir le chasseur revenu, la princesse fit chercher le boulanger et lui ordonna d’apporter un pain semblable à celui qu’il pétrissait pour le roi. Le petit lièvre alors plissant le nez et remuant les oreilles dit : « Il faut que le boulanger le porte avec moi et qu’il empêche les chiens de me courir après. » Le boulanger l’accompagna jusqu’à l’auberge : le lièvre prit le pain avec ses pattes de devant et le porta à son maître. Le chasseur appela l’aubergiste : « Vous avez perdu ! Les cent pièces d’or sont à moi. Mais, le pain tout seul, c’est un peu sec ! Il me faudrait avec du rôti du roi. » L’aubergiste se mit à rire : « Je voudrais bien voir ça ! – Vous pariez ? – Dame, non ! J’ai perdu cent pièces d’or ; c’est bien assez. »
A+PP

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

Prudent, l'aubergiste ! mais prudent trop tard...

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...